"...les
îles du salut,ou nous devions débarquer, vues du large,
sont comme de merveilleux paniers de verdure flottant sur
la mer ; mais cette impression fut tôt disparue au débarquement...l'impression,
en entrant dans le camp et dans les cases , ne se décrit
pas, on se sent davantage hors la vie..."
A.Mesclon "comment j'ai subit 15 ans de bagne "
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L'ile
Royale : le commandement
D'une
superficie de 28 hectares, c'est le siége des îles,
l'endroit ou réside le commandant supérieur et d'ou
s'administre la vie de l'archipel; Une caserne, une
chapelle, un hopital, un mess, rien ne manque , pas même
une "piscine", bassin protégé des requins ou
les transportés peuvent se baigner sous surveillance....
Un mouillage en eau profonde permettait d'y débarquer
les individus à placer sous haute surveillance et dont
l'administration voulait éviter, à tout prix les
risques d'évasion , ce qui fera dire a l'inspecteur des
colonies Edmont Henri, en 1910 : "....avec quelques
professionnels de l'évasion,les malfaiteurs les plus
dangereux sont internés aux îles du salut, ou les
travaux sont moins pénibles que partout ailleurs et le
climat, le plus sain de la colonie ; Pour les pires
mafaiteurs, la répression se trouve ainsi notoirement
insuffisante..."
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Surnommée
"le bagne du bagne" ou "la mangeuse
d'hommes",c'est l'île de la punition ; Le régime y
est plus dur et la discipline plus stricte que sur la
"grande terre", le silence régne . Ses cachots
ouverts sur le dessus, ressemblent à des cages et dans
une semi-pénombre, les hommes punis , la plupart du
temps pour tentative d'évasion, y survivent comme dans
un tombeau....
Papillon dans sa cage de la réclusion,
pour Paris-match en1969
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| Le
Diable: l'île des "traitres" C'est le bout du
monde pénitentiaire, là ou s'effectue la terrible peine
de la "déportation en enceinte fortifiée", crée
en 1850, avant même la transportation, elle devait
servir à se débarrasser des opposants de 1848 ; Charles
delecluze , farouche opposant à Napoléon III,y séjourne
en 1858 avec 35 autres détenus politiques
Son plus célèbre
pensionnaire, le capitaine Dreyfus, y passera, à tort,
cinq années de sévices et de souffrances ; Dans la
paranoïa de son évasion,l'administration pénitentiaire
mettra onze gardiens à sa surveillance et montera une clôture
de plus de deux métres,pour lui cacher la vue de l'océan
; La nuit il est soumis à la "double boucle" (les
deux chevilles attachées ) "...tout ce que je
souffre est horrible, mais je n'ai même plus de colère
contre ceux qui font ainsi supplicier un innocent, une
grande pitié seulement..." écrit-il en
septembre 1896 (cinq années de ma vie, éd Fasquelle,
1901 )
nuit et jour les onze
surveillants sont de faction devant la case
D'autres déportés , moins célèbres
occuperont les misérables cases "du diable",
plus ou moins abandonnés, sur ce bout de caillou d'ou
l'on ne s'évade pas...
Benjamin Ullmo y restera jusqu'en 1923
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